Embarquement immédiat pour l’île de la Réunion, un joyau de l’océan Indien où les saveurs explosent en bouche et où la cuisine est un art de vivre. Au cœur de ce patrimoine culinaire se dresse un monument incontournable, un plat qui réchauffe les cœurs et rassemble les familles : le cari saucisse. Bien plus qu’une simple recette, c’est une véritable institution, un symbole de convivialité et de partage. Oubliez tout ce que vous pensez savoir sur les saucisses-lentilles. Ici, nous parlons d’un plat mijoté avec patience, où des saucisses fumées au caractère bien trempé rencontrent une sauce tomate délicatement relevée par un cortège d’épices. Le cari, à la Réunion, ne désigne pas un mélange d’épices en poudre, mais bien le plat principal lui-même, cuisiné dans une marmite et servi traditionnellement avec du riz et des grains. Aujourd’hui, je vous ouvre les portes de ma cuisine pour vous transmettre les secrets de ce plat emblématique. Suivez le guide, et laissez les parfums enivrants de la cuisine créole envahir votre foyer.
20 minutes
45 minutes
facile
€
Ingrédients
Ustensiles
Préparation
Étape 1
La première étape est cruciale pour obtenir des saucisses tendres et moins salées. Piquez généreusement vos saucisses avec une fourchette puis plongez-les dans une grande casserole d’eau froide. Portez à ébullition et laissez-les cuire pendant 10 minutes. Cette technique s’appelle blanchir : elle permet de dessaler et de dégraisser partiellement les saucisses. Une fois ce temps écoulé, égouttez-les et coupez-les en tronçons d’environ 3 à 4 centimètres. Réservez.
Étape 2
Pendant que les saucisses blanchissent, préparez votre base aromatique, le cœur du goût de votre cari. Épluchez et émincez finement les oignons. Épluchez les gousses d’ail. La tradition créole veut que l’on pile l’ail avec le gingembre et une pincée de sel dans un pilon jusqu’à obtenir une pâte parfumée. Si vous n’avez pas de pilon, vous pouvez hacher l’ail très finement.
Étape 3
Faites chauffer l’huile dans votre cocotte à feu moyen-vif. Ajoutez les tronçons de saucisse et faites-les dorer sur toutes les faces. Ils doivent prendre une belle couleur caramélisée. Cette étape de coloration, qu’on appelle la réaction de Maillard, va développer des sucs de cuisson au fond de la cocotte et donner une profondeur incroyable à votre plat. Une fois bien dorées, retirez les saucisses de la cocotte et mettez-les de côté.
Étape 4
Baissez légèrement le feu et ajoutez les oignons émincés dans la même cocotte. Laissez-les suer, c’est-à-dire cuire doucement sans coloration jusqu’à ce qu’ils deviennent translucides, en grattant le fond avec une cuillère en bois pour décoller les sucs des saucisses. Ajoutez ensuite la pâte d’ail et de gingembre (ou l’ail haché et le gingembre en poudre), le thym, le curcuma et le piment entier si vous en utilisez. Faites revenir le tout pendant une minute en remuant constamment. Les parfums qui vont s’échapper sont tout simplement divins.
Étape 5
Il est temps d’ajouter les tomates concassées. Versez-les dans la cocotte, mélangez bien et laissez compoter pendant 5 minutes. Remettez ensuite les morceaux de saucisse dans la sauce. Ajoutez un verre d’eau (environ 20 cl), juste assez pour que les saucisses soient presque couvertes. Salez très légèrement (les saucisses le sont déjà) et poivrez. Portez à une légère ébullition, puis baissez le feu au minimum, couvrez et laissez mijoter tout doucement pendant au moins 30 minutes. La sauce doit épaissir et devenir onctueuse.
Étape 6
Après 30 minutes de mijotage, goûtez la sauce et rectifiez l’assaisonnement en sel et en poivre si nécessaire. Si la sauce vous semble trop liquide, vous pouvez poursuivre la cuisson à découvert pendant 5 à 10 minutes pour la faire réduire. Le cari saucisse est prêt lorsque les saucisses sont fondantes et la sauce nappante. Retirez les branches de thym et le piment avant de servir.
Mon astuce de chef
Pour une authenticité maximale, n’hésitez pas à investir dans un pilon (mortier créole). Piler l’ail, le gingembre, le sel et le piment ensemble permet d’exalter les saveurs en éclatant les fibres des ingrédients, créant une pâte aromatique bien plus puissante et homogène que de simples éléments hachés. C’est le secret d’un cari réussi.
Accords parfaits pour un voyage à la Réunion
Pour accompagner la richesse de ce plat, plusieurs options s’offrent à vous. Un vin rosé de Provence ou un vin rouge léger et fruité comme un Gamay de Touraine ou un Pinot Noir d’Alsace sauront équilibrer le gras de la saucisse et le piquant des épices. Pour une immersion totale, osez la bière locale de la Réunion, la fameuse « Dodo », si vous parvenez à en trouver. Enfin, un Ti’ Punch préparé avec un bon rhum agricole de l’île en apéritif mettra tout le monde dans l’ambiance créole avant même de passer à table.
En savoir plus sur le cari saucisse
Le cari saucisse est bien plus qu’un plat, c’est un pilier de la culture réunionnaise. Souvent préparé pour le déjeuner dominical ou les pique-niques sur la plage, il incarne la générosité et la convivialité de l’île. Son origine est un formidable métissage d’influences malgaches, africaines, indiennes et françaises. Le terme « cari » vient du mot tamoul « kari », qui signifie « sauce » ou « ragoût ». La base du cari réunionnais repose presque toujours sur une « sainte trinité » : oignon, ail et curcuma (appelé « safran péi » sur l’île), à laquelle on ajoute souvent de la tomate et du thym. Chaque famille a sa propre recette, transmise de génération en génération, avec son petit secret qui fait toute la différence.
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