Plat emblématique s’il en est, la choucroute alsacienne est bien plus qu’une simple recette ; c’est un monument de la gastronomie française, un symbole de convivialité et de partage qui réchauffe les cœurs et les tables dès les premiers frimas. Loin des clichés qui la réduisent à un simple assemblage de chou et de saucisses, la véritable choucroute garnie est une symphonie de saveurs, un plat mijoté avec patience où chaque ingrédient joue une partition essentielle. Aujourd’hui, nous vous invitons à franchir les portes de votre cuisine pour un voyage sensoriel au cœur de l’Alsace. Nous allons démystifier ce plat généreux et vous prouver qu’avec les bons produits et un peu d’amour, il est tout à fait possible de réaliser une choucroute digne des meilleures winstubs (tavernes typiques alsaciennes). Oubliez les versions hâtives et sans âme. Nous allons vous guider, pas à pas, pour préparer une choucroute fondante, parfumée au gewurztraminer, ce vin blanc alsacien au caractère bien trempé qui vient sublimer le chou et enrober les viandes d’un parfum incomparable. Enfilez votre tablier, le voyage commence maintenant.
30 minutes
150 minutes
moyen
€€
Ingrédients
Ustensiles
Préparation
Étape 1
La première étape est cruciale pour l’équilibre de votre plat : il s’agit de la préparation de la choucroute. Ouvrez le bocal, versez le chou dans une grande passoire et rincez-le abondamment sous l’eau froide. N’hésitez pas à le malaxer délicatement avec vos mains. Cette opération permet de retirer une partie de l’acidité due à la saumure, ce qui rendra votre plat plus digeste et ses saveurs plus fines. Une fois bien rincée, pressez fortement la choucroute entre vos mains pour en extraire le maximum d’eau. Plus elle sera sèche, mieux elle s’imprégnera des arômes de la cuisson. Laissez-la ensuite s’égoutter tranquillement pendant que vous préparez la suite.
Étape 2
Dans votre grande cocotte en fonte, faites fondre le saindoux (graisse de porc purifiée, qui apporte un moelleux et un goût authentique incomparables) à feu doux. Une fois le saindoux liquide, ajoutez les flocons d’oignons déshydratés et laissez-les se réhydrater et dorer très légèrement pendant une minute ou deux. Ils vont libérer un parfum doux et sucré, base de notre garniture aromatique. C’est le moment de déposer les épices : les baies de genièvre, les clous de girofle, les feuilles de laurier et les grains de poivre. Vous pouvez les mettre directement dans la cocotte ou, pour plus de facilité au moment du service, les enfermer dans une petite boule à thé ou un nouet de gaze.
Étape 3
Il est temps de procéder au montage (terme culinaire pour désigner l’action de superposer les différentes couches d’une préparation). Étalez la moitié de la choucroute bien essorée sur le lit d’oignons et d’épices. Déposez ensuite délicatement la palette de porc fumée (sortie de sa conserve) et la saucisse de Morteau au centre. Répartissez les lardons fumés tout autour. Recouvrez le tout avec la seconde moitié de la choucroute, en tassant légèrement pour que tous les ingrédients soient bien en contact.
Étape 4
Versez maintenant le gewurztraminer sur l’ensemble de la préparation. Préparez ensuite 25 cl de bouillon en diluant votre cube dans de l’eau chaude, puis ajoutez-le dans la cocotte. Le liquide doit arriver environ à mi-hauteur de la choucroute, il ne faut surtout pas la noyer. Portez le tout à une légère ébullition à feu moyen. Dès que les premières bulles apparaissent, baissez le feu au minimum, couvrez hermétiquement votre cocotte et laissez mijoter tout doucement pendant au moins deux heures. C’est cette cuisson lente et douce qui va permettre au chou de devenir fondant et à toutes les saveurs de fusionner harmonieusement.
Étape 5
Après deux heures de cuisson patiente, votre cuisine doit embaumer. Soulevez le couvercle et vérifiez la cuisson. Le chou doit être tendre et translucide. C’est le moment d’ajouter les derniers convives à la fête. Égouttez soigneusement les pommes de terre en conserve et les saucisses de Strasbourg. Disposez-les sur le dessus de la choucroute, en les enfonçant légèrement pour qu’elles se réchauffent au contact de la vapeur. Couvrez de nouveau et poursuivez la cuisson pendant encore 20 à 30 minutes. Ce temps est suffisant pour que les pommes de terre et les saucisses soient bien chaudes sans se défaire.
Étape 6
Votre chef-d’œuvre est prêt. Retirez délicatement les viandes et les saucisses de la cocotte et réservez-les au chaud. Retirez également les feuilles de laurier et les clous de girofle si vous ne les aviez pas mis dans un nouet. Goûtez la choucroute et rectifiez l’assaisonnement en poivre si nécessaire. Le sel est rarement utile, car les viandes en apportent suffisamment. Il ne vous reste plus qu’à dresser ce plat royal.
Mon astuce de chef
Un secret partagé par tous les Alsaciens : la choucroute est toujours meilleure réchauffée ! Si vous en avez la possibilité, préparez-la la veille. Laissez-la refroidir complètement puis conservez-la au réfrigérateur. Le lendemain, réchauffez-la très doucement à la cocotte pendant une trentaine de minutes. Les saveurs auront eu le temps de s’entremêler et de gagner en profondeur. Votre plat n’en sera que plus savoureux et confit.
Quel breuvage pour escorter ce monument ?
Pour rester dans la plus pure tradition alsacienne, l’accord est tout trouvé. Le gewurztraminer utilisé pour la cuisson sera un excellent compagnon de table, avec ses notes fruitées et épicées qui répondront en écho à celles du plat. Si vous préférez un vin plus sec pour trancher avec la richesse de la choucroute, un Riesling d’Alsace, vif et minéral, sera absolument parfait. Un Sylvaner, plus léger et désaltérant, est également une très bonne option. Pour les amateurs de bière, une bière blonde d’Alsace ou une bière de garde apportera une amertume rafraîchissante qui équilibrera parfaitement le gras des charcuteries.
Contrairement à une idée reçue, la choucroute n’est pas une invention alsacienne. Son origine remonterait à la Chine, où l’on faisait déjà fermenter du chou pour le conserver. Elle aurait voyagé le long de la route de la soie avant d’être adoptée par les peuples germaniques. Le mot « choucroute » vient d’ailleurs de l’allemand Sauerkraut, qui signifie littéralement « chou acide ». C’est cependant en Alsace, à partir du XVIIe siècle, que le plat a acquis ses lettres de noblesse, en s’enrichissant des merveilleuses salaisons et charcuteries de la région pour devenir le plat de fête généreux et emblématique que l’on connaît aujourd’hui. C’est un plat qui raconte une histoire, celle d’une cuisine de terroir, authentique et patiente.
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